Interview

Dans ces moments de grands débats sur la légitimité des dirigeants, sur la vitalité de l’Aïkido, faut-il se référer à un Senseï en particulier ?

      J’ai eu la chance dès le début de ma pratique de rencontrer Maître Tamura. Il enseignait le mardi à Marignane, le mercredi à Aix en Provence. Parfois, il participait aux cours que dirigeait Mammy Rahaga à Aix. Maître Tamura arrivait après le début du cours, le prenait en main ou s’entraînait comme les autres élèves. J’ai pu ensuite le suivre à Gignac, dans les différents stages, enfin à Bras dans le cadre d’un dojo traditionnel.

Comment dans ces conditions ne pas me référer à un maître qui durant ces 35 dernières années a su m’aider à progresser par son enseignement et par son attitude, qui a su mener de front enseignement et recherche personnelle ?

Même si plus tard, j’ai pu suivre les cours des Maîtres Yamada, Chibah, Nisshio, Sugano… c’est à l’aune des directives de Maître Tamura que j’ai puisé dans leur enseignement.

Bien que, par le travail, tout professeur puisse progresser en technique et en pédagogie, je pense qu’il est nécessaire de se référer à un Maître. Se référer consiste alors à ne pas suivre les cours au petit bonheur la chance mais à être fidèle, à s’engager le plus possible dans la trace qu’il trace ou qu’il a tracé, indépendamment des problèmes de transport, de place sur le tatami…

Le maître, c’est celui qui par contact direct va apporter à chacun ce qui est invisible à tous.

      La disparition de Maître Tamura aurait pu nous laisser dans un vide difficile à combler mais son enseignement, ses écrits sont encore vivants car ce contact direct qu’il a cultivé reste en nous et par vague fera renaître  toute la richesse de son enseignement.

L’exemple donné du travail sur soi, de la recherche continuelle, du travail de la chute, de la recherche de sensations doit être mis en avant et perpétuer ainsi l’œuvre d’un grand maître.

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